Jeanne d'Arc à Montfaucon en Berry , Villequiers

 

eglise-de-villequiersEglise de Villequiers

 

 

Jeanne d’Arc à Montfaucon en Berry, en 1662 le village prend le nom de Villequiers. Le village fortifié était alors une subdivision de l'archevêché de Bourges, il existait à cette époque un château médiéval dont il reste encore une petite partie aujourd'hui. L'église actuelle fut agrandit à plusieurs reprises, il est certain que le chœur de l'église de Villequiers existait à l'époque de Jeanne d'Arc.

 

Historique
source : source sur place, documentation diverses, lien 1,  site officiel de la mairie, procès jeanne d'arc

 

 

Après la prise de Saint-Pierre-le-Moûtier, probablement en Novembre 1429, Jeanne d’arc part vers Moulins, puis peut-être Nevers et enfin Villequiers ( anciennement Montfaucon en Berry ). C’est la dernière étape connue avant la tentative de prendre la Charité-sur-Loire.

On connait principalement son passage à Monfaucon en Berry par sa deuxième rencontre avec Catherine dite de La Rochelle. Elle rencontre une première fois Catherine de la Rochelle à Jargeau avec qui elle liera probablement quelques liens puisqu’elle la retrouve à Villequiers. Catherine de la Rochelle tente de la dissuader de prendre la Charité-sur-Loire. Il est possible que Catherine de la Rochelle, prisonnière elle aussi, vint à la rencontre de Jeanne d’Arc après le 23 mai 1430 dans un lieu et  date inconnus.

Jeanne d’Arc reste à Villequiers environ 2  semaines, ce qui est relativement assez long. Il est assez difficile de connaître son lieu de résidence, néanmoins la plus grande probabilité est l’ancien château de Villequiers.

Mais la légende locale attribue son éventuelle résidence à un couvent de religieuse, ou à l’Hôtel-Dieu de Sainte-Catherine, mais c’est très incertain et difficile à prouver matériellement parlant.

 

Pourquoi Villequiers ?

On peut se poser la question de son passage à Villequiers, alors une petite bourgade fortifiée principalement par le château qui existe encore en partie.

Voici quelques explications plausibles sans qu’aucune ne soit plus importante que d’autres :

  • La première explication pourrait se trouver dans la famille de Baugy, dont le maire de Bourges est Julien de Baugy en 1425. Jeanne viendra à Bourges à plusieurs reprises et cette famille est historiquement proche de la royauté française et de Charles VII. La famille de Baugy était originaire de la seigneurie de Baugy dont la route reliait directement à Montfaucon en Berry. Le château de Baugy avait été repris en 1412 , probablement aux Bourguignons.

Au XVe siècle, la seigneurie de Baugy dépend de Renaud de Montfaucon mais sa justice lui est déjà propre. De même, sur le plan religieux, la paroisse de Baugy dépend de l'archiprêtré de Montfaucon-en-Berry (qui couvre 36 paroisses) et qui est en réalité une subdivision du diocèse de Bourges.

  • L’autre explication serait la présence Henriette d'Orbe-Montfaucon, dernière héritière de la famille Montfaucon, mariée à Eberhard IV de Wurtemberg dont la mère de ce dernier n’est autre que Antonia Visconti. Eberhard IV avait épousé en 1407 Henriette d'Orbe-Montfaucon (1387-1444), comtesse de Montbéliard, à laquelle il était fiancé depuis 1397. Cette union apporta le comté de Montbéliard à la Maison de Wurtemberg. Le comté de Montbéliard fut une principauté qui ne fut rattaché à la France qu’en 1793.

  • Une autre explication plausible est la présence de l’Abbaye de Font-Morigny, lié à Monfaucon en Berry, à quelques Km, fille de l’Abbaye de Clairveaux. Initialement de l’ordre de Saint-Benoit, elle fut sous l’époque du passage de Jeanne d’Arc sous l’ordre de Cîteaux. Abbaye relativement fort documentée jusqu’au XIVe siècle grâce à l’existence du Chartrier recueillant les actes dans l’abbaye ( voir ici et le site officiel ici ). La présence de femmes religieuses à Villequiers s’explique en partie par le fait que l’Ordre de Cîteaux ne tolère que très peu la présence de femme, elles étaient donc souvent éloignées.

On peut noter aussi la présence de l’hôtel-Dieu Sainte-Catherine, sainte à laquelle Jeanne d’Arc fait souvent référence.  Mentionné une première fois en 1447, il existait cependant depuis une époque nettement plus ancienne. Il permettait d’accueillir les voyageurs et avait aussi comme fonction celui d’un hôpital pour les malades du pays. Ce bâtiment ainsi que sa chapelle existaient encore en 1695, date à laquelle elle fut rattachée à l'Hôtel-Dieu de Bourges. Il était situé en dehors de l'enceinte de la ville, près des chemins conduisant à Berry et à la Vauvise, en bas de la rue dénommée "Sainte Catherine" aujourd'hui . Le fait que l’Hôtel-Dieu soit à l’extérieur du village, et du château, réduit cependant considérablement l'éventuelle possibilité comme lieu de résidence principale. De plus on ne connait pas vraiment son état à l’époque.

On notera la position enviable du château qui permet une bonne vision sur la plaine.

Il faut aussi remarquer le contexte de l'époque, en effet après la prise de Saint-Pierre-le-Moûtier, Jeanne d'Arc et Charles II d'Albret sont contraints d'obtenir du renfort en matériel et probablement en hommes afin de prendre la ville de la Charité-sur-Loire. Le fait que l'étape soit donc aussi longue à Villequiers provient probablement de cette nécessité et aussi de mieux définir la stratégie à prendre pour assiéger et prendre la Charité.

 jeanne-darc-villequiers

 

 

 

Si Jeanne d'Arc a bien logée dans le château ,ou dans le village de Villequiers, il est fort probable qu'elle soit venue dans cette église et dans le chœur pour y prier, comme elle le faisait habituellement avec une certaine rigueur. Néanmoins aucun élément matériel ne peut l'affirmer.

 

 

Villequiers dans le procès de Jeanne d’Arc à Rouen.

 

le samedi 3 mars, un des rares interrogatoires "public" :

l'Évêque Cauchon. - Connûtes-vous point Catherine de La Rochelle ? L'avez-vous vue ?

JEANNE. - Oui, à Jargeau et à Monfaucon en Berry.

l'Évêque Cauchon. - Ne vous a-t-elle point montré une dame vêtue de blanc, qu'elle disait qui lui apparaissait aucunes fois ?

JEANNE. - Non.

l'Évêque Cauchon. - Que vous a dit cette Catherine ?

JEANNE. - Cette Catherine me dit que venait à elle cette dame blanche vêtue de draps d'or, qui lui disait qu'elle allât par les bonnes villes, et que le Roi lui baillât des hérauts et trompettes pour faire crier que quiconque aurait or, argent ou trésor mussé, l'apportât aussitôt ; et que ceux qui ne le feraient, et qui en auraient de mussés, elle les connaîtrait bien et saurait trouver lesdits trésors ; et ce serait pour payer mes gens d'armes. À quoi je répondis qu'elle retournât à son mari, faire son ménage et nourrir ses enfants. Et pour en savoir la certitude, j'en parlai à sainte Marguerite ou sainte Catherine, qui me dirent que du fait de cette Catherine n'était que folie, et que c'était tout néant. J'écrivis à mon Roi que je lui dirais ce qu'il en devait faire ; et quand je vins à lui, je lui dis que c'était folie et tout néant du fait de Catherine. Toutefois frère Richard voulait qu'on la mît en œuvre. Et ont été très mal contents de moi frère Richard et ladite Catherine.

l'Évêque Cauchon. - Avez-vous point parlé à Catherine de La Rochelle du fait d'aller à La Charité ?

JEANNE. - Ladite Catherine ne me conseillait point d'y aller, disant qu'il faisait trop froid et qu'elle n'irait pas. Elle voulait aller vers le duc de Bourgogne pour faire paix, et je lui dis qu'il me semblait qu'on n'y trouverait point de paix, si ce n'était par le bout de la lance. Je demandai à Catherine si cette dame blanche qui lui apparaissait venait toutes les nuits, et pour ce, je coucherais avec elle. Et j'y couchai, et veillai jusques à minuit, et ne vis rien, et puis je m'endormis. Quand vint le matin, je demandai si elle était venue : et elle me répondit qu'elle était venue, et que je dormais et qu'elle n'avait pu m'éveiller. Alors je lui demandai si elle ne viendrait point le lendemain, et elle me répondit que oui. Pour laquelle chose, je dormis de jour, afin de pouvoir veiller la nuit. Et je couchai la nuit suivante avec Catherine, et veillai toute la nuit. Mais je ne vis rien, bien que souvent je lui demandasse si elle ne viendrait point. Et Catherine me répondait : oui, tantôt.

 

 

Photographies

 

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