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Basilique de Saint-Denis
 

 

 

La basilique de Saint-Denis, aujourd'hui une cathédrale depuis le XXe siècle, est un des monuments les plus importants de la royauté française, notamment après que Saint-Louis fit agrandir la basilique. Il s'agit de la première œuvre majeure de l'art gothique chrétien. Édifiée pour une première partie par Suger, la nef fut  construite au XIIIe siècle à la demande de Louis IX. Dagobert Ier est le premier roi à choisir d'y être inhumé, elle devient après Saint-Louis principalement, la nécropole royale où une grande partie des rois de France viendront s'y faire inhumer.

Elle fut largement pillée à plusieurs reprises ( Guerre de Cent-Ans, Guerres de Religions etc ). L'un des pillages majeurs fut celle de la Première République Française qui par décret en 1793 ordonna la destruction des caveaux des rois de France et le pillage systématique  pour la fabrication des munitions. Complétement délabrée, quasiment en état de ruine, par presque une décennie de pillage et de destruction révolutionnaire, elle fut sauvée par Napoléon Ier, en grande partie par son envie d'y faire une nécropole impériale.

L'une des tours dut être arrasée après sa reconstruction au XIXe siècle, par un architecte mégalomane qui alourdit considérablement l'édifice, au point que quelques années plus tard l'ensemble de la partie occidentale lézarde dangereusement.

 

Historique
  source : source sur place, documentation diverses, l'église abbatiale de Saint-Denis et ses Tombeaux par Paul Vitry et Gaston Brière



La Basilique de Saint-Denis, haut monument historique de France avec sa nécropole royale, doit son existence au premier évêque de Paris, Saint Denis.

Selon Grégoire de Tours, unique témoignage de cette histoire, Saint-Denis subit le martyre, peut-être sur les collines de Montmartre ( selon l'abbé Hilduin ) ou au village de Catulliacus  près des rives de la Seine. Un monument fut élevé alors en souvenir du saint qui fut inhumé à cet endroit avec ses deux compagnons le prêtre Rustique et le diacre Eleuthère.

Dans la seconde moitié, le culte du saint se propage et Sainte-Geneviève fit édifier dans la seconde moitié du Ve siècle une basilique. Grégoire de Tours écrit d'ailleurs les miracles qui ont pu avoir lieu dans ces périodes reculées de l'histoire, vouée aux reliques de Saint-Denis.

625, la première charte connue et datée, le roi Clothaire II autorise à l'abbé Dodon à recevoir des biens légués par un marchand.
 

Avant l'arrivée de Dagobert Ier, il existait déjà un monastère, néanmoins la fondation de l'Abbaye s'est faite sous ce roi. Il existe plusieurs théories sur la fondation de l'Abbaye et de la basilique, J. Havet estime que la construction de la première basilique s'est faite avant Dagobert sur le lieu de Saint-Denis de l'Estrée à l'Ouest de l'actuelle église, Dagobert fonda l'abbaye en 624-625 et en 626 eut lieu la translation de des Reliques dans la nouvelle basilique de l'Abbaye. D'autres pensent, comme Levillain ou Félibien, que Dagobert aurait simplement fait l'ornement de la basilique sans la reconstruire et qu'elle n'aurait pas changé d'endroit.

Viollet-le-Duc estime pour sa part, après les fouilles de 1859 et la découverte d'éléments  comme des pierres taillées et sculptées d'époques Gallo-Romaine , ainsi que le soubassement d'une abside, ne peuvent être que de l'époque sous Dagobert 1er ce qui encourage la thèse d'un agrandissement et modifications de la Basilique et non de son déplacement et reconstruction.

 

654, 22 juin, Clovis II assure la protection des moines et rend l'abbaye indépendante de l'évêque de Paris.

Vers 750, Pépin le Bref à la demande de l'abbé Fulrad fait édifier une nouvelle basilique.

754, le Pape Étienne II vient à Saint-Denis pour donner l'onction royale à Pépin le Bref et à la reine Berthe.

775, 24 février, Charlemagne est présent lors de la dédicace de la nouvelle basilique. Elle était plus grande que la précédente, avec une nef et deux bas-côtés, une double crypte et d'un choeur surélevé flanquée de deux chapelles absidales.

832, une chapelle souterraine consacrée à la Vierge est édifiée et creusée derrière l'abside.

IXe siècle, les invasions normandes ravagent l'Île de France, Saint-Denis n'est pas épargnée.

865, la basilique est pillée

886, le siège de Paris oblige les moines de quitter Saint-Denis pour Reims, emportant avec eux les reliques et objets précieux.

La basilique est restaurée, néanmoins on ne sait pas exactement ce qui a été réalisé. Jusqu'au XIIe, elle fut probablement modifiée, restaurée, mais aucun texte ne permet aujourd'hui de le démontrer. Il eut peut-être au XIe la reconstruction d'une basilique.

1122, Suger est élu abbé du monastère de Saint-Denis. Pour faire face à un afflue croissant de Pèlerins et de croyants chrétiens, il veut faire construite un nouvel édifice. Les travaux débutèrent probablement vers 1130. Les travaux s'inspirèrent probablement de la cathédrale de Sens.

Chapiteau de la crypte romane, probablement réalisée sous Suger.



1140, 9 juin, consécration du portail occidental. La même année, le 14 juillet, est posée la première pierre du chevet.

~1143, le chœur et ses toitures sont terminées.

1144, 11 juin, translation des reliques et consécration du chœur.

~1147, la nef semble être terminée.

Sous Louis VI, dit le Gros, débute la levée de l'oriflamme de Saint-Denis.

1231, sous l'abbatiat d'Eudes Saint-Clément, est décidé de reconstruire la nef sous les conseils de Louis IX. L'architecte du nouvel édifice est Pierre de Montreuil ( appelé souvent à tort Pierre de Montereau ), il est également l'architecte probable, mais très incertain, de la Sainte-Chapelle de Paris et la chapelle de Saint-Germain-en-Laye. On a la connaissance du nom de l'architecte par un document de 1247 qui concerne un acte d'achat de pierre à Conflans.

Nef de la basilique de Saint-Denis édifiée au XIIIe siècle.


De l'église du XIIe, il reste la façade occidentale, le déambulatoire, les chapelles de l'abside ainsi que la crypte.

1250, Saint Louis commande au moine Primat, faisant partie de l'abbaye de Saint-Denis, une chonique de France appelée dans un premier temps le "livre des rois", livre qui sera achevé en 1274 et écrit en français, ce qui est nouveau pour l'époque. C'est dans cette suite logique que Louis IX va instituée et crée les gisants des rois défunts dans le but probablement d'assurer une continuité historique et filiale des rois de France.

 



1267, Pierre de Montreuil décède mais la construction de la nouvelle église n'est pas terminée. Néanmoins les gisants des rois d'avant Saint-Louis sont mis en place et les chapelles déjà consacrées. Il est inhumé dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés dans la chapelle qu'il avait bâtie.

1281, c'est vers cette date, sous Mathieu de Vendôme alors abbé de Saint-Denis, que l'édifice est terminée. Elle est considérée comme la première église gothique majeure dans sa quasi totalité.

Portail de l'entrée de la Basilique de Saint-Denis

Portail gauche de l'entrée de la Basilique de Saint-Denis, du XIIIe



1291, le 22 août , une bulle du pape Nicolas IV, datée d'Orvieto, accorde aux religieux de Saint-Denis le privilège de n'être soumis à aucune sanction canonique, émanée de qui que ce fût, hormis de leurs abbés, sans une licence spéciale du souverain pontife.

1358, Charles le Mauvais, occupe Saint-Denis.

En 1378, Charles IV, empereur du Saint-Empire romain germanique, s'arrêta à l'abbaye pour se faire présenter les reliques et joyaux du trésor; Ce dernier était de passage pour guérir de la goutte dans l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés aujourd'hui disparue.

XIVe siècle, la basilique et l'ensemble de ses bâtiments sont fortifiés, c'est probablement de cette époque que date les créneaux de la partie occidentale, à la base des tours.

1413, pendant la guerre de Cent-Ans, disparurent de nombreuses dalles funéraires mais aussi les tombeaux de Philippe-Auguste, Saint-Louis qui dit-on était en or et argent et de Louis VIII, probablement fondue par les Armagnacs pour payer les troupes.

1429, Jeanne d'Arc vient rendre hommage à Saint-Denis après l'échec de la prise de Paris.

1436, avril, Charles VII reprend Saint-Denis aux Anglais.

1514, Marie d'Angleterre, est sacrée reine le 5 novembre.

1517, Claude de France femme de François Ier est sacrée reine, 10 mai.

1529, après que François Ier ait décidé que les abbés commendataires soient nommés par le roi, c'est Louis cardinal de Bourbon qui est le premier imposé par le roi de France. À partir de cette date  l'abbaye de Saint-Denis commence à perdre de son influence par sa mise sous tutelle indirecte du roi de France.

1531,  Éléonore d'Autriche, sacrée reine le 5 mars.

1549, Catherine de Médicis, sacrée reine 10 juin.

Élisabeth d'Autriche, sacrée reine le dimanche 25 mars 1571.

1568, début de la construction de la Rotonde des Valois par Catherine de Médicis, dans l'objectif d’accueillir les sépultures des rois et prince de la Maison des Valois. Le premier architecte fut la Primatice, puis viendront Bullant et Androuet-Ducerceau. D'un diamètre de 30 mètres dans un style italien de la Renaissance Italienne. Elle fut détruite en 1719 et le tombeau d'Henri II déplacé dans l'actuelle basilique.

1576, la guerre de Religion fait rage et une bataille à Saint-Denis s'y déroule. L'abbaye est pillée plusieurs fois par les deux parties, principalement les tombes en cuivre comme le gisant du comte d'Eu ( 1270 ), la statue était en cuivre doré et émaillé.

1588, les trésors de la basilique sont transférés temporairement à Paris, pendant 10 ans.

1590, 9 juillet, les troupes d'Henri IV assiègent Paris et campent à Saint-Denis.

1593, Henri IV y devient catholique, il s'agit d'une des nombreuses conversions du roi , «  Paris vaut bien une messe ».

1610, 13 mai, Marie de Médicis est couronnée reine de France. Henri IV est assassiné le lendemain,  14 mai, par Ravaillac.

Basilique de Saint-Denis en 1600, on y observe les fortifications du XIVe siècle pour une grande partie.



1665, François Mansart est chargé par  Jean-Baptiste Colbert de proposer un projet de chapelle funéraire pour les Bourbons, elle ne fut jamais construite. Néanmoins la chapelle à dôme des Invalides fut inspirée par ce projet.

1691, Louis XIV supprime le titre d'abbé, les dirigeants de l'abbaye prennent le titre de grands prieurs relevant du Supérieur Général de la Congrégation qui réside dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. La maison d'éducation de Saint-Cyr est chargée de gérer les fonds. Elle est confirmée par une bulle pontificale qui confirme la suppression du titre et de la dignité d'abbé.

1700, début des démolitions par Dom Arnoult de Loo des bâtiments abbatiaux du Moyen-Âge. Les plans de la reconstruction sont réalisé par Robert de Cotte, premier architecte du roi. Mais un autre architecte est également cité, Christophe Père. L'ensemble des travaux sont supervisés par Gabriel notamment en 1737.

1786, fin des derniers travaux des nouveaux bâtiments.

1790, 13 février, Révolution Française, l'abbaye est supprimée par un décret supprimant les ordres monastiques.

1792, 14 septembre, dernier office par les religieux bénédictins.

1793, août, dans la folie révolutionnaire, les années de la terreur , les tombes sont brisées, les statues enlevées. En octobre de la même année les corps sont exhumés et jetés dans des fosses communes. En novembre, l'église paroissiale devient un « temple de la raison ». L'ensemble de l'abbaye est pillée à la recherche de métal pour les utiliser comme munitions.

Peinture d'Hubert Robert, pillage des caveaux des rois de France, les corps sont jetés dans des fosses communes. Il faut noter que cette destruction est un acte officiel réalisé par un décret de la convention lors de la première république française de l'époque.

1794, le Comité de Salut Public fait enlever les couvertures de l'église et remplacé partiellement par un toit en tuile et ardoise.

La basilique est menacée de destruction de par son état de délabrement lié au pillage continuel depuis 1790.

1805, 28 février, Napoléon alors Empereur, décide de restaurer la basilique. Probablement qu'il pensé déjà à y mettre la sépulture des futurs Empereurs, puisque dans son décret du 20 février 1806 il en fait mention.

1807, 20 octobre, le Ministre de l'Intérieur de l'époque décide d'arrêter les travaux car les crédits sont dépassés. L'architecte d'alors est Legrand, et c'est Jacques Cellerier qui est nommé après la mort du premier le 26 novembre 1807.

En 1809, Napoléon Ier veut faire de l'ancienne abbaye une maison d'éducation de la Légion d'honneur. L'abbaye fut aménagée par l'architecte Peyre le jeune. Il conserva la salle capitulaire, aujourd’hui salle de Dessin, fit construire une nouvelle chapelle à l'emplacement de l'ancienne, transforma les cellules en dortoirs. L'école fut inaugurée le 1er juillet 1811 ; Napoléon Ier et Marie-Louise lui rendirent visite le 5 août suivant.

1811, 5 août, Napoléon vient observer l'avancement des restaurations et inauguré la maison d'éducation de la Légion d'Honneur. Manifestement plutôt mécontent des évolutions lentes de restauration, il demande à l’architecte Fontaine de contrôler les travaux. Fontaine décida pour accélérer les travaux de restauration des modifications qui auront d'importantes et fâcheuses conséquences quelques années plus tard.

1828, la basilique menace de s'écrouler, malgré l'engloutissement de 4 millions de Frs pour la restaurer. Les décisions notamment de Fontaine ont de grave conséquence sur les  soubassements de la basilique et les voûtes.

1830 et 1833, d'importants crédits sont alloués pour sa préservation.

1837, 9 juin, la flèche est touchée par la foudre et brûle totalement. L’architecte de la restauration, François Debret, profite de cet événement pour la faire reconstruire totalement grâce à des crédits du 18 juillet 1838. Des lézardes apparurent suite à ses travaux sur la flèche, beaucoup trop lourde, menaçant gravement l'intégrité de l'édifice.

la tour ( gauche ) de la basilique de Saint-Denis en 1843, quelques années avant sa destruction.



1844, les lézardes prennent des proportions inquiétantes.

7 février 1846, la flèche est détruite pour éviter l’effondrement totale de la partie occidentale. La tour d'origine est également arasée jusqu’à la plate forme.

1846, Eugène Viollet-le-Duc reprend les travaux nécessaires et permet de sauver la basilique d'une ruine totale suite aux travaux, qualifiés de fantaisistes par les historiens et archéologues, de François Debret. Il fait réorganiser les tombes royales, dans leurs positions actuelles. Il projette de reconstruire également la façade occidentale mais sa mort en 1860 ne permet pas d'aboutir au projet.

1859,  Eugène Viollet-le-Duc  fait un nouveau caveau impérial situé à l'ouest du précédent, sous le maître-autel. Cette  chapelle souterraine fut démolie en 1952.

1840,  Aristide Cavaillé-Coll, alors âgé de 23 ans, crée un orgue avec d'importantes innovations pour l'époque : il est doté de soixante-neuf jeux répartis en trois claviers et pédalier (mais sur quatre plans sonores manuels), il a été conservé aujourd'hui presque intégralement dans son état d'origine.

1871, 21 janvier, Saint-Denis est bombardée. Mais la basilique fut préservée avec quelques dégradations extérieures.

1877, des stalles du château de Gaillon sont transférés dans le chœur.

1939 à 1877, des fouilles furent réalisées par Jules Formigé, Édouard Salin et Olivier Meyer.

1966, la basilique devient une cathédrale pour la création du diocèse de Saint-Denis.

1977, la ligne RER B est construite modifiant les cours d'eau aux alentours de la Basilique, créant des infiltrations importantes dans les fondations de la basilique.

2007, début des fouilles archéologiques dans le but de faire une place pietonne Victor-Hugo.


 

Photographies
 

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